Gorilla Gardener & Nature Libre

Foresterie, reboisement, haies, vergers, savannes, arbres fruitiers et à noix, sécurité alimentaire, agriculture industrielle, breeding, permaculture, méthodes de semis d'arbres productifs et vigoureux, alimentaires ou décoratifs.

Monday, September 26, 2005

Nature Libre

LE GORILLE JARDINIER


La culture des fruits est essentielle pour l'avenir de l'humanité.


Nous détruisons les fruits sauvages et les plantes comestibles que nous offre la nature. Actuellement il n'y a plus beaucoup d'endroits sur la planète où trouver abondance et qualité en fait de fruits et noix sauvages. Le semis d'arbres fruitiers est pratiqué naturellement par les gorilles et les animaux. Avec des moyens de propagation primitifs ils se sont fabriqué à long terme des environnements où abondent de délicieux fruits et noix sauvages, très convoités. La richesse de leur environnement est bien plus grande que la nôtre. Ils vivent dans certains des très rares endroits de la planète où poussent encore des plantes sauvages de très haute qualité gustative. Des fruits et des noix, ainsi que des racines, écorces, fleurs, pousses et feuillages aromatiques.


Le singe et son environnement sont liés. Ses techniques agricoles, si elles existent sont le semis d'arbres à fruits (naturellement il sème ses fruits préférés), le désherbage manuel (très efficace si fait au bon moment), une taille minimale, une certaine forme de fertilisation, et deux trois autres techniques au maximum.


Si nous étions des gorilles le Québec et le monde seraient couvert de délicieuses pommes, prunes, cerises, cassis, groseilles, fraises, salsepareille, noix et noisettes, fines-herbes, racines, feuilles et fleurs comestibles.


Tous sauvages... Mais semés et entretenus avec des méthodes agricoles et sylvicoles modernes.


Imaginons la planète on si la cultivait de manière plus naturelle.


Semez, ça donne plein de belles récoltes !


Comment réaliser grands et minis vergers performants à partir de noix, noyaux et pépins


Nature Libre


Des techniques classiques simples et bien définies, des récoltes de qualités en quantité


Par Sylvain Picker 2005


Jusqu'au début 1800 semer des arbres fruitiers et à noix était courant, même pour de très grands vergers. On semait un maximum de semences et procédait par éclaircissages successifs.


Anciennement, la plupart des variétés commerciales étaient des semis de hasard sélectionnés par les fruiticulteurs. Les variétés issus des programmes de sélection génétiques in vitro les ont désormais supplantés.


Ce qui différencie un arbre semé d'un arbre greffé, c'est avant tout la plus grande vigueur de l'arbre semé. Beaucoup plus fort et résistant, il demande moins de taille, d'eau, d'engrais et de traitements contre les maladies et insectes. Il pousse plus vite et vit plus longtemps!


Cette vigueur unique aux semis permet d'obtenir des arbres robustes, durables, précoces, peu coûteux, produisant beaucoup de bons fruits. En environnement favorable, le semis peut produire de grosses récoltes lui même, sans interventions de notre part. Surtout si on le sème directement où il va pousser, sans le transplanter. Ses racines sont alors très puissantes, profondes et étendues. Ce qui lui donne de la résistance à la sécheresse et au gel, et de moins grands besoins en engrais et en autres soins.


Au début le semis est plus petit qu'un arbre transplanté. Il concentre son énergie à produire ses racines. Ensuite il pousse rapidement et dépasse celui transplanté.


Le nombre minimum de pépins, noix ou noyaux nécessaire pour faire une bonne sélection est plus petit qu'on ne le croit généralement. On peut produire de très bons arbres à partir des pommes et autres fruits de variétés courantes qu'on trouve sur les marchés. Certaines variétés donnent de meilleurs résultats que d'autres quand on les sèmes.


Forte productivité et bonne saveur, moins d'importance à la couleur et à la grosseur:


il suffit d'un nombre très petit de pépins, une dizaine seulement, de la bonne variété.


Gros fruits de qualité et d'apparence supérieure:


cela peut demander trois ou quatre cent pépins. Là encore certaines variétés donnent de meilleurs résultats et nécessitent un bien plus petit nombre de semences.


Pour trouver une variété nouvelle surpassant ce qui existe actuellement:


plusieurs dizaines de milliers et même des millions de pépins.


Certaines formes naturelles demandent définitivement moins de travail et produisent en abondance avec un minimum d'interventions. On sélectionne simplement les plants qui affichent ces caractères. Ces formes se transmettent génétiquement. On devra probablement quand même tailler un peu. Contrôler la hauteur et la forme de l'arbre pourra se faire avec très peu d'opérations.


On fait pousser le maximum de pépins, noix ou noyaux sur une superficie prévue pour un seul arbre mature. On utilise tout l'espace disponible avec des jeunes arbres productifs. Seuls les meilleurs atteindront l'age adulte, idéalement sans jamais êtres taillés. Ne tailler que les arbres qu'on veut éliminer pour faire de la place aux meilleurs.


Après la sélection finale (dans dix ou quinze ans), le verger sera composé de pommiers vigoureux, rustiques et vigoureux, produisant tous chaque année de bons fruits sur des arbres de grosseur moyenne.


On commence avec beaucoup de jeunes de pommiers. Cela augmente la production hâtive du verger. Avec des pépins bien choisis, une pré-sélection les cinq premières années, une fertilisation et des conditions de culture passables, la majorité de ces jeunes arbres produira des bons fruits. Les premiers fruits sont souvent petits.


Les premières années de production vont permettre de bien choisir nos arbres définitifs. Graduellement on taille les arbres inférieurs pour faire de la place aux meilleurs. On leur coupe des branches et entaille leur écorce pour concentrer la sève vers les fruits. Ils s'épuisent à produire des gros fruits avant d'êtres coupés définitivement.


La fructification survient 4½ ans après la germination avec les variétés précoces de pommiers. Les variétés ordinaires fleurissent en 5 à 8 ans, 3 ans seulement pour certaines pommettes. En semant des variétés ayant tendance génétiquement à donner rapidement des fruits, la fructification peut se produire presque aussi rapidement qu'avec des arbres greffés. Une pré sélection intensive des pépins et des semis avec des conditions de cultures assurant une pousse rapide et de bonnes racines peuvent donner 90% des semis fructifiant 4½ ans après la germination. Dans ce cas, cela ne vaut pas la peine de greffer pour obtenir une fructification plus rapide.


On peut choisir les parents des pommiers précoces en se fiant au comportement des arbres greffés qu'on trouve dans les vergers traditionnels. Les pépins des variétés de pommier ayant une mise à fruits rapide après transplantation ont aussi tendance à mettre à fruit rapidement quand on les sèmes.


Les arbres sont plus compliqués à semer que les légumes. Il faut l'exposition des semences froid et à l'eau pour provoquer la germination, c'est ce qu'on appelle la stratification. On peut la faire à l'intérieur ou à l'extérieur. À l'extérieur naturellement l'hiver effectue une première sélection mais aussi stimule les pépins à pousser extrêmement tôt au printemps. Ce qui est un gros avantage.


Une fois partit c'est aussi facile à cultiver que des haricots. Ça pousse vite si on entretient bien. Les plants devraient atteindre un à deux pieds de hauteur à la fin de la première saison de croissance. Six pieds et plus à la fin du deuxième été.


Avantages des arbres semés directement


Vivent plus longtemps que les arbre élevé en pépinière et transplantés.


Ils poussent facilement et attirent moins les insectes. Contrairement aux arbres transplantés, de grosses plantes faibles avec des racines déformées pour la vie par le pot et la transplantation, et qui souvent demandent un tuteur pour les soutenir. Plus gros est l'arbre quand on le transplante, plus il souffre et moins le résultat final est bon. Transplanter accrois la sensibilité aux parasites et maladies et nous oblige à utiliser plus d'engrais et de pesticides.


La sève circule mieux entre les racines et le feuillage.


Son passage n'est pas entravé par un bourrelet de greffe ni déséquilibré par la taille.


L'écorce et les racines sont intactes.


Moins de portes d'entrée pour les organismes pathogènes.


Les racines sont très profondes et étendues.


Moins besoins d'eau et de fertilisation, excellent ancrage.


Ils sont moins exigeants.


Ils demandent moins de travail. Moins d'engrais, d'irrigation, d'herbicides, et de taille. Ils résistent aux gels, verglas, sécheresses, insectes, maladies et vents.


Même transplantés, les semis sont plus vigoureux qu'une plante greffé, cloné ou bouturé.


Cependant dans un environnement compétitif plein d'herbes, une transplantation bien faite donne l'avantage aux jeunes arbres et permet de faire une première sélection parmi les semis.


Cidre


Le semis est idéal pour la production de pommes à jus et le cidre. Les résidus de pressage du jus permettent d'obtenir les grandes quantités de pépins nécessaire pour faire un verger bien sélectionné.


On a besoin de 200 pépins pour obtenir un pommier à cidre productif et rentable donnant un cidre de haute qualité.


Plusieurs méthodes sont possibles. On peut semer 10 buttes bien préparées (comme pour les citrouilles), de 20 pépins ou plus chacune. Au bout de cinq ans on a sélectionné un seul jeune pommier par butte. Ces pommiers vont donner des fruits. Graduellement on fait des coupes de branches et des entailles dans l'écorce les pommiers qu'on veut éliminer. On en garde un sur dix. Dans la mesure du possible, celui qu'on garde ne sera jamais taillé, surtout au début.


Avec les bonnes variétés parentales et la pré-sélection des 20 semis par butte, 85% des jeunes arbres du verger devraient avoir des fruits de grosseur commerciale. Le 15% restant sera coupé lors des autres sélections. Comme nous utilisons dix jeunes pommiers pour sélectionner un mature, il nous en reste maintenant huit. Amplement de quoi choisir.


Même à très grande échelle, cela me semble la meilleure stratégie. Elle permet de récolter au plus vite des pommes et de sélectionner tranquillement les pommiers pour obtenir des arbre de haute qualité. Avec les techniques de culture en buttes la fertilisation est efficace et concentrée, le désherbage se fait facilement. L'utilisation de pesticides peut être optmisée.


Récolte des pommes à cidre: on secoue l'arbre avec une petite machine hydraulique ou pneumatique du genre de celles qu'on utilise pour la récolte des cerises à tartes. Ou avec une gaule, une grande perche d'environ 10 pieds avec une fourche à sa plus petite extrémité, qu'on coupe au printemps pour qu'elle sèche pendant l'été et perdre du poids. Ou encore à la main pour les pommes utilisées pour les jus frais en hiver.


Historique


Jusqu'au début 1800 semer des arbres fruitiers et à noix était courant, même pour de très grands vergers. Pèches, abricots et prunes étaient populaires parce que ces noyaux donnent rapidement de bons fruit la majeure partie du temps. Les pommiers et les cerisiers ont étés beaucoup semés, à la fois par les humains mais aussi un peu partout par les chevaux, les chevreuils, les ours, etc. Les pacanes étaient semés par les amérindiens d'Amérique. Les arbres à noix ont été semés par tout les peuples du monde. Certains petits fruits furent très à la mode à leur époque. Beaucoup de fruits tropicaux son cultivés par semis de nos jours.


Greffer ou ne pas greffer ? Le débat de date pas d'hier ! Déjà vers 1800, l'académie des sciences des états-unis débattait des bienfaits des deux méthodes. Les coûts de production sont très bas et les possibilités à grande échelle étaient parmi les argument principaux des tenant des semis de l'époque (Hansen entre autres). Deuxième point principal des tenants du semis en 1800: en arriver à long terme à des variétés aussi exceptionnelles et merveilleuses que par la greffe mais qui se reproduisent efficacement par semence.


Nos ancêtres semaient des noix, des pépins de pommes, des noyaux de prunes, du blé, des pois, etc entre les souches des arbres tout juste coupés ou brûlés de leur terres nouvellement défrichées. Il fallait semer rapidement les champs durement gagnés avant qu'une vigoureuse flore sauvage ne les envahissent. Vous auriez peine à croire la vitesse à laquelle une personne exercée pouvait semer à cette époque avec seulement un sac de semences et un râteau. Quelques coups de râteau pour former une mini-butte, jeter une poignée de semences et les enterrer sous une mince couche de sol d'un seul coup de râteau. Ils entretenais ensuite les semis comme il l'auraient fait pour des melons ou des citrouilles. Ces méthodes simples ont permis le semis de vergers de plusieurs dizaines de milliers d'arbres fruitiers et à noix.


Au Québec au dix-huitième siècle la greffe était connue et utilisée depuis longtemps, mais les semis ne coûtaient pas cher et si on les entretenais bien donnait des arbres très productifs pouvant servir pour les réserves d'hiver et le cidre, ou encore pour nourrir les animaux de ferme. Ça permettait de tirer parti des endroits difficilement cultivables. Souvent on commençait un verger dans un potager, une fraisière ou un champ agricole. Cela récupère l'espace perdu entre les jeunes arbres et permet de cultiver le sol, ce qui fait fait pousser plus rapidement les jeunes arbres (après 10 ans on fauche seulement). Entre chaque pommier on plantait ou semait un prunier. Vivant moins longtemps mais fructifiant plus rapidement que le pommier, le prunier a le temps de donner d'abondantes récoltes avant les 15 ans que les pommiers prennent pour devenir gros et en pleine production. Entre les différents arbres on plantait toutes sortes de choses: fraises, asperges, cassis, groseilles, framboises, sureau, cerises, rosiers, alkékenges, fines herbes, fleurs, etc.


Les amérindiens ont semés des forêts entières de pacanes dans le nord et de chocolatiers dans le sud, ainsi que toutes sorte d'autres noix et fruits. Leur système de culture en petites buttes bien préparées où côtoyaient le mais, la courge, la tomate, le piment et le haricot grimpant se prête parfaitement à la culture des fruitiers et des noyers. Ils semaient les pacanes en automne, avec du fumier frais pour recouvrir les buttes (cela éloigne les écureuils). Au printemps le fumier lavé par les pluies est partiellement composté. Le noyer atteins facilement trois pieds (un mètre) la première année. Sa tige est extrêmement fragile au début, surtout si le sol est très fertile.


Un peu partout dans le monde: aux États Unis la majorité de la récolte de pommes allait au cidre (les pommiers de semis donnent des cidres de qualité). Cette pratique c'est arrêtée avec la prohibition de l'alcool aux États Unis (1920-1933) pendant laquelle on coupa beaucoup de pommiers et de vignes. Le meilleur de la récolte était conservé précieusement (et donnait les pépins pour semer). Le reste servait à nourrir les animaux de ferme (volailles et cochons entres autres). En France on a beaucoup utilisé le semis de prune pour l'industrie du pruneau séché. Les abricots aux États Unis et toutes sortes de fruits en Chine (qui est une grande spécialiste des semis de fruitiers). De nos jours on cultive la papaye par semences. Anciennement en Europe on semait des arbres dans des champs de céréales. Des semences d'arbres mélangés à du blé ou de l'avoine. Dans un milieu herbacé aussi compétitif, les arbres restent très petits la première année et ne gênent absolument pas la récolte de céréales. Il suffit de couper plus haut lors de la récolte du grain. La récolte de paille est cependant diminuée.


Ce n'était que de gérer ce que les animaux sèment partout. Le cheval est particulièrement efficace comme semeur de buttes de pommiers. L'ours pour les cerises, les framboises, les pommes, etc. Pour obtenir de très beau pommiers, il suffit de donner des bonnes pommes aux chevaux. Tout ce qu'il y à faire ensuite est de sélectionner la meilleure tige parmi les cinq ou six qui poussent habituellement dans les tas de crottin de cheval ou d'ours. Dans les endroits infestés de chevreuils qui broutent les branches de pommiers, il faut souvent faire une petite taille de réparation.


Manières de semer les pommiers


On sème un maximum de pépins, si tout va bien plusieurs germerons. En désherbant on sélectionne les meilleurs. Cinq à huit ans plus tard les jeune pommier donnent leurs premières récoltes de fruits. Au cours des années suivantes on continue de sélectionner tranquillement les pommier matures qui fournirons la récolte principale.


On commence avec une haute densité et on éclaircit graduellement. Le taux de germination devrait varier entre 50 et 75%. L'espacement minimal entre les semis de pommiers est de 8 cm pour ne pas avoir besoin d'éclaircissage le premier été. Soixante pieds carré par pommier devrait suffire pour les cinq à dix premières années. Cet espacement standard haute densité correspond à 3 pieds entre les pommiers et 20 pieds entre les rangs (720 arbres par acre). À la fin on n'en gardera qu'un sur dix pour arriver à une densité finale autour de 70 arbres par acre (25' par 25'). Cela donne des arbres qui ne sont pas trop gros.


Par prudence prévoir faire des semis d'automne et de printemps. Conserver dans un endroit protégé une partie des graines pour les semer au printemps. Une partie dans les champs, une autre en pépinière.


Le semis en poquet ou en butte (à chaque emplacement on place deux semences ou plus), est la méthode de semis la plus recommandable. Le semis à la volée est possible. On peut semer sur de grandes superficies en terrain sauvage en utilisant de simples outils manuels. À la limite un simple bâton sculpté. Sur les fermes cela se fait facilement avec un tracteur bien équipé. On peut même semer les pépins à la volée si l'on dispose de grandes terres cultivées et d'immenses quantités de pépins.


La méthode la plus simple et efficace est le semis d'automne à l'extérieur. Elle donne des plants vigoureux qui commencent à pousser très tôt au printemps. Tirant le maximum de toute la saison de croissance, il est mieux formé et plus gros à la fin de la première saison.


Les semis de printemps ne sont possibles que lorsque la terre peut se travailler, alors que le semis d'automne, qui a germé aussitôt la neige tout juste partie est déjà lui en train de pousser depuis longtemps.


Le problème principal des semis de printemps, surtout avec les stratifications longues est la difficulté de contrôler la date de germination, ce qui peut obliger à avoir accès à une serre. Les semences peuvent tout aussi bien germer quand la terre à l'extérieur est encore gelée ou complètement détrempée par la pluie (un printemps tardif, des semences particulièrement vigoureuses et voila la germination se produit trop tôt). On serait bien mieux de faire une stratification partielle et de planter les pépins ou noix pré-germées, en champs aussi tôt que possible au printemps.


La technique ancienne du Vasage: semis à la volée effectué très tard en automne juste avant la neige ou très tôt au printemps, même s'il neige encore. C'est l'action du gel et du dégel qui enterre les semences. Cela ne fonctionne que pour les petites semences, les plus grosses doivent être enfoncés dans le sol avec par exemple le talon, un rouleau lourd ou simple bâton.


Du milieu à la fin de l'automne


Les mulots et les oiseaux peuvent être un problème.


Ne semer en automne que sur des sols légers bien pourvus en humus. Sur les sols lourds qui se soulèvent beaucoup sous l'effet du gel et des dégels, il vaut mieux semer au printemps. Il sera peut être nécessaire d'entreposer les pépins avant de les semer tard à l'automne.


Inspecter les semences régulièrement.


Semer du milieu à la fin de l'automne. Au plus tard fin octobre, début novembre à cause de la neige et du gel du sol. Des semis trop hâtifs pourraient commencer à germer pendant l'été indien, juste avant l'hiver et êtres tuées par le gel. D'où l'importance de semer l'automne. Cela semble plus critique pour l'Europe avec ses automnes et hivers doux que pour le nord de l'Amérique aux durs et longs hivers.


On peut utiliser deux méthodes:


Semer comme n'importe quelle autre semence agricole.


Nettoyer et sécher les pépins Les conserver au frigo dans des pots hermétiques avant de les semer. Les pépins sont légèrement séchés à l'ombre dans un courant d'air. Un séchage de quelques jours au soleil, si l'on brasse souvent les semences pour les empêcher de trop chauffer pourrait peut-être donner des résultats intéressants. Les rayons UV du soleil stérilisent la surface et la chaleur assure la maturation totale des semences.


Semis directement en terre: semer dans une petite tranchée de manière à recouvrir les pépins de ½ à 2 pouces de terre au maximum en terre très légère. On peut utiliser un mélange de tourbe et de sable pour recouvrir les semences.


Semis avec du compost: utiliser des sillons profonds de 10 cm, remplis aux 3/4 de compost. Les pépins ne doivent pas reposer à plus de 3 cm de profondeur dans le sol.


Ou semer les pépins mélangés avec la pulpe (résidus de pressage).


Il ne faut surtout pas que la pulpe fermente car alors elle chauffe beaucoup et très rapidement, ce qui tue les pépins. Utiliser des sillons profonds de 10 cm. Placer 5 cm de pulpe au fond et recouvrir de 5 cm de terre.


Pendant l'hiver


Semer tout de suite après l'extraction, en pots dans une serre.


Au printemps


Nettoyer et sécher les pépins comme n'importe quelle autre semence agricole. Conserver au frigo dans des pots hermétiques. Inspecter souvent les semences. Avant de les semer, faire tremper les pépins secs quelques jours, en changeant l'eau plusieurs fois par jour.


Deux possibilités:


Au tout début du printemps directement en pleine terre.


On sème tout de suite après avoir fait tremper les semences quelques jours. Le temps froid, les dernières neiges et les pluies glacées effectuent la stratification. Si on utilise cette méthode, il faut semer à la fin de l'hiver, vraiment au tout début du printemps. C'est même très bon s'il neige sur les pépins que nous venons juste de semer. Saviez vous que la neige contient de l'azote, un des principaux fertilisants.


Jusqu'au tout début de l'été.


Quand les conditions climatiques sont plus clémentes.


Stratifier avant de semer. Mélanger les pépins trempés avec du sable ou un terreau très légèrement humide. Entreposer le tout dans un endroit frais et sec (frigo ou chambre froide). Semer au maximum six à huit semaines plus tard. Inspecter souvent les semences pour la moisissure ou la sécheresse.


Plus on sème tôt le printemps, moins on a besoin de stratifier longtemps, cela devient alors une simple et courte pré-germination.


Quand commencer la stratification est très difficile à estimer. Les semences d'arbres fruitiers et à noix germant de manière aléatoire et le climat devenant de plus en plus imprévisible. La germination prend entre 6 et 12 semaines (temps moyen entre 6 et 8).


La germination semble d'autant plus rapide que la stratification a été plus tardive. Lorsque la germination est trop précoce, on peut soumettre les semences au froid (-1C ou -2C, pas plus), jusqu'au moment où l'on peut semer. Les pépins germés résistent un petit peu au gel.


Pour connaître la période de stratification exacte, faire des tests de germination avec des petites quantités de pépins; commencer très tôt en décembre et faire plusieurs autres lots pendant l'hiver.


SRATIFICATION:


Les semences sont mélangés avec du gros sable en proportion d'environ ½.


On utilise soit des contenants fermés (semences en couches alternées avec le gros sable),


soit des sacs (semences en vrac avec le gros sable).


Stoker entre 0º et 1º Celsius à l'abri des rongeurs et du gel, dans un endroit pas trop humide.


Brasser de temps en temps le mélange pour maintenir un degré d'humidité égal partout.


Inspecter souvent. Il se forme facilement des moisissures sur les semences. Le mélange de semences et sable peut sécher rapidement. Ça peut empêcher les semences de germer. Les semences stratifiées à l'intérieur commencent parfois à germer très rapidement alors que les conditions météo ne sont pas propices pour semer (pluie, gel, etc). Pendant ce temps là les pépins poussent, leurs germes deviennent très longs et fragiles, donc très difficiles à semer.


Autres méthodes


On peut semer à différentes époques de l'année : en serre, en champ, ou en forêt.


Semer à partir d'avions ou d'hélicoptères


La plupart du temps ne marche pas. Deux techniques semblent cependant pouvoir donner des résultats. Des pots de forme aérodynamique contenants les pépins et un terreau ensemencé avec du mycélium de champignons sont utilisables pour des opérations de reboisement en zones sèches. L'autre est la technique Japonaise d'enrobage des semences dans des boulettes d'argile rouge et de compost contenant aussi des spores et du mycélium de champignons. Mais peut importe la technique, les semis aérien reste très aléatoire et le pourcentage de semences qui survit est en général très bas.


Greffe de plein champ


Un compromis entre le semis direct et la greffe : des racines qui n'ont jamais étés transplantées et le haut de l'arbre greffé. On a l'avantage de connaître à l'avance les variétés et d'avoir des pommes standards avec des noms connus, donc peut être plus faciles à commercialiser.


On sème des porte-greffes directement à leur emplacement définitif, ils ne sont jamais transplantés. Les pépins sont semés directement en champ à l'automne. L'année d'en suite on peut faire des micro greffes et les suivantes des greffes normales. Parmi la butte où l'on a fait pousser cinq ou six semis de pommiers, on choisit le meilleur petit arbre et on lui greffe la variété désirée. On peut même faire deux ou trois greffes par butte. Certaines greffes vont mieux pousser que d'autres.


On obtiens des arbres robustes avec de puissantes racines. Ces arbres poussent plus facilement de manière naturelle que les arbres greffés et transplantés. Ils ont moins besoin de taille et d'autres soins. Certaines variétés se prêtent très bien à ce genre de culture. Surtout celles ayant tendance à pousser de manière pyramidale comme la Golden Delicious. De tels arbres peuvent pousser presque complètement sans taille et donner des formes très productives.


Cette méthode peut servir pour obtenir un verger où sont effectués les croisements (hybrides naturels) pour fournir les semences nécessaires à l'expansion et au renouvellement des vergers de production.


Classement et utilisations des fruits


Les fruits vont êtres classés en différentes catégories pour êtres utilisés frais ou transformés, ou pour la faune locale ou des élevages. Les animaux nourris avec beaucoup de pommes ont une chair qui goûte différent. On peut nourrir cochons, sangliers, poules, perdrix avec les pires pommes imaginables ainsi que nombre d'autres fruits du verger libre.


1.Fruits frais.


2.Jus, Jus rosé, Jus concentrés, Cidre et Calvados.


3.Nourrir les animaux.


4.Fruits secs.


5.Purées de fruits séchés en pastilles ou en feuilles.


6.Barres et friandises à base de fruits.


7.Beurre de pomme.


8.Fleurs de pommiers : en France tisane contre les petits maux de gorge.


9.Fruits découpés.


10.Fruits congelés


11.Fruits dans le sirop


Extraction des semences


ATTENTION


Les grandes quantités de pulpe vont très rapidement et facilement composter spontanément et chauffer très fort, ce qui tue les pépins. Beaucoup de soin doit être apporté à la conservation froide de la pulpe contenant les semences.


100 livres de fruits donnent de 1 à 5 livres de pépins.


En moyenne: 12 000 pépins / livre.


Il peut valoir la peine de trier les pépins selon leur densité. Les pépins lourds germent mieux que les légers et donnent de meilleurs résultats à la levée, ce qui facilite le travail.


Grandes quantités (avec pressoir)


Lavage à l'eau de la pulpe qu'on obtient après passage des fruits au pressoir à jus. Avec un grand bol en métal ou en plastique, un peu comme font les chercheur d'or pour laver le sable des pépites d'or, on brasse la pulpe de pomme contenant les pépins, les pépins se déposent dans le fond, la pulpe surnage. Pour les très grosses quantités on peut utiliser un baril et une passoire pour écumer la pulpe qui flotte.


Être prudent au moment de la mouture des fruits dans le moulin. Veiller attentivement à ce que la pulpe ne subisse aucun échauffement.


Quantité moyenne (pas de pressoir)


Utiliser des fruits parfaitement murs. Les écraser grossièrement sans abîmer les semences. Placer les fruits concassés en tas et les laisser pourrir en faisant bien attention à ce qu'ils ne s'échauffent pas. Après quelques jours, extraire les semences en plaçant la pulpe dans beaucoup d'eau. La pulpe surnage et les semences descendent au fond.


Petites quantités ou spécimens rares


À mesure que l'on consomme les fruits, recueillir graduellement les pépins à la main. Les laver et sécher légèrement, puis les entreposer au frigo.


Conservation des semences


Les semences sèches se conservent en pots hermétiques à une température fraîche et constante. Avant de les semer ou de les stratifier, les faire tremper quelques jours en changeant l'eau plusieurs fois par jour.


C'est un avantage si les semences d'arbres fruitier et à noix ne sèchent pas trop pendant la conservation. Le pourcentage de germination et la force d'émergence sont plus forts. Ce qui produit des plants plus vigoureux.


Une autre méthode consiste à placer les pépins ou les noix fraîches (bien lavées), dans une boite remplie de sciure de bois légèrement humide ou de gros sable suffisamment humide pour empêcher les semences de sécher complètement. Pas trop humide car cela pourrait induire la germination ou de la moisissure. Les pépins et les noyaux, ainsi que les semences de vivaces gardées de cette manière dans un endroit froid, germeront avec une très grande vigueur.


Taille


Un arbre peu taillé a beaucoup plus de chance d'être en santé. Il n'a pas à souffrir du choc opératoire que provoque la taille. Il est moins stressé, a moins de blessures par où les parasites peuvent l'infecter et il subit moins de déséquilibres du contenu de sa sève et attire donc moins les insectes. Au début on ne taille que les moins bons arbres, ce qui fait de la place aux meilleurs.


La taille retarde la mise à fruit des semis. Moins on taille un arbre fruitier, plus il pousse vite et plus il devient gros. Plus il est gros, plus il donne de fruits. Moins on le taille, plus vite il atteint sa grosseur minimale de fructification. Pour fructifier, l'arbre doit atteindre une grosseur minimale. De plus les semis de pommiers sortent de leur condition juvénile (période avant la mise à fruit) à l'extrémité du plant. Toute méthode qui restreint la croissance du très jeune plant semé allonge la durée de la phase juvénile et apporte un délai à la mise à fruits. On fait pousser les semis le plus rapidement possible, sans les tailler. On ne coupe que les arbres en trop. De cette manière la fructification arrive le plus rapidement possible.


Les pommiers semés sont capables de prendre une forme productive sans intervention.


Les semis ayant naturellement une forme productive, facile à cueillir et à entretenir ne sont pas taillés pour les dix à quinze premières années après le semis et même plus. On laisse l'arbre s'établir. Il sait très bien faire cela tout seul, il a eu des millions d'années pour apprendre. Cela réduis le besoin en main d'oeuvre, diminue les coûts et les chocs opératoires aux arbres. Les pommiers poussent rapidement et produisent beaucoup.


Avec très peu d'opérations il est possible de stabiliser la hauteur finale, contrôler la fructification et réparer les arbres abîmés. La taille longue donne rapidement une fructification de grosseur uniforme. Seuls les arbres qu'on élimine sont taillés sévèrement.


La dominance apicale est essentielle pour minimiser la taille et obtenir une production précoce sur des arbres pas trop gros. Faire très attention au bourgeon terminal. Il est tout en haut de la tige du semis. Les hormones provenant du bourgeon terminal et des bourgeons à fruits contrôlent la croissance, à certain stades de fructification elle bloquent complètement la croissance de l'arbre.


Si le bourgeon terminal est endommagé, il faut réparer le pommier. Si cela arrive on devra tailler ou dans les cas graves, recéper. Pour cette raison il est impératif que les jeunes pommiers de semis ne soient pas broutés part les vaches, lièvres, mulots ou chevreuils. Le premier été les pucerons peuvent sérieusement endommager la pousse terminale. On peut badigeonner les semis avec de l'eau savonneuse et un pinceau.


Attendre 10 à 15 ans et même plus avant de commencer à tailler les pommiers obtenus de semis. Les opérations d'éclaircissage (sélection) et de désherbage sont essentielles durant toutes ces années mais peuvent être minimisées. Vers 10 ans on choisit des arbres qu'on veut épuiser pour faire de la place aux meilleurs: on leur enlève une bande d'écorce tout autour du tronc ou de la branche que l'on veut éliminer. Cela empêche la sève fabriquée par les feuilles de descendre aux racines. Toute cette sève s'en va aux fruits.


Le recépage permet de réparer un arbre très abîmé. Cette technique ne vaut la peine que sur des arbres vigoureux. Opérer au printemps, avant le départ de la sève. Couper à 10 cm du sol le tronc du plant endommagé. Plus tard l'été pousseront plusieurs tiges à partir de la souche. Choisir la plus vigoureuse et verticale, partant le plus près possible du sol. Couper les autres. Tuteurer si nécessaire. Après quelques années l'arbre recépé devrait rattraper les autres et on ne verra plus beaucoup de différence.


Les outils: L'éclaircissage peut se faire au sécateur, à la faucille, avec une débroussailleuses (lame de 8 pouces), ou avec d'autres outils. Enlever l'écorce autour des troncs se fait avec un couteau forestier spécial destiné à cet usage.


Parfois il faudra tailler. Certains pommiers ne voudrons pas donner des fruits régulièrement à chaque année. Après une année de forte production, une année de faible production ou même pas de production du tout. De plus l'année de fructification ce genre d'arbre tend à surproduire et ne fait surtout que des petits fruits de mauvaise qualité. Il est essentiel de contrôler la charge en fruits de tel arbres par la taille. On peut toujours faire l'éclaircissage des fleurs et des fruits. Méthodes plus ou moins efficaces demandant beaucoup de temps. On peut aussi couper la tige terminale pour stopper la croissance verticale de l'arbre et éclaircir les coursonnes fructifiantes. L'idéal est d'éteindre ce genre d'arbre graduellement pour laisser de la place aux autres.


Une taille mal effectuée ou faite au mauvais moment peut provoquer des réactions de croissance chimériques demandant beaucoup de tailles correctionnelles. Ce qui est une perte de temps. Il suffit par exemple d'enlever le bourgeon terminal du jeune pommier pour l'empêcher d'atteindre tout son potentiel de croissance. Si le bourgeon terminal est abîmé, cela nous oblige à tailler pour réparer. On perd plusieurs mois de croissance. La réparation est habituellement facile à faire, mais cela demande du temps, surtout avec un gros verger. Il n'est pas facile de protéger tout les jeunes semis et il faudra en tailler et recéper quelques uns quand même.


Sélection des pommiers


On ne taille que les arbres inférieurs. On éclaircit graduellement les semis au cours des années.


Protéger les les semis vigoureux. Pas besoin de les tailler les premières années (sauf pour réparation). Choisir ceux qui sont en santé, bien charpentés, à feuilles larges et épaisses, aux gros bourgeons placés de manière rapprochée, au bois fort et juteux, aux entre-noeuds courts. Pour un rendement hâtif et élevé ne garder que les grand plants ayant un ratio longueur du leader et hauteur du plant entre 0,35 et 0,55 et des branches longues avec des angles ouverts (Alston and Bate 1979).


Couper les semis moins vigoureux. Tout ceux qui ont la moindre trace de mildiou, à tronc étroit, avec des feuilles minces et petites, faibles ou lents à pousser, malades ou mal formés.


Déjà avant cinq ans, un expert peut voir la grosseur future des fruits dans la manière de pousser du semis, la forme des feuilles, la grosseur des bourgeons, la couleur de l'écorce, etc. On peut identifier 18 mois après la germination les pommiers qui mettront précocement et fortement à fruit. Certains caractères végétatifs des très jeunes semis correspondent à des caractéristiques de productivité. On a déjà une idée de la productivité future, de la grosseur des fruits et de la résistance aux maladies et aux insectes.


Sélectionner n'est pas évident. Les semis les plus vigoureux la première année ne seront pas nécessairement les plus forts la deuxième ou la troisièmes année. Procéder par étapes pour éviter les erreurs et augmenter la production hâtive du verger en utilisant tout l'espace disponible avec des petits arbres. Y aller mollo avec la sélection des pommiers ; sauf si on a de très grandes quantités de semis et qu'on dispose de beaucoup d'espace.


Par exemple on lit souvent dans les bouquins de génétique qu'il est préférable d'éliminer les arbres sensibles aux pucerons. Le problème est que les pucerons attaquent en premier les arbres avec une sève délicieuse, à leur goût. C'est la sève qui fait le fruit. Peut être que les arbres attaqués par les pucerons sont ceux qui donnerons de très bons fruits. Un semis plus petit n'est pas nécessairement celui qu'il faut éclaircir. Les plus vigoureux la première année ne seront pas nécessairement les plus forts la deuxième ou la troisièmes année. Des semis moins branchus et plus faibles peuvent êtres simplement en train de souffrir de mauvaises conditions de croissance. Les pépins ne germent pas tous en même temps, il peut y avoir un décalage de un mois entre les semis. On fait une sélection sévère mais on le fait sur plusieurs années. Certains semis vont s'améliorer au cours des années et d'autres ne tiendront pas leur promesses des premières années.


La forme à rechercher


Gardez les arbres qui ont un axe vertical bien défini et une forme plus ou moins en sapin de Noël.


Un tronc central bien définit et des branches ouvertes. Cette forme a largement prouvé sont efficacité sur tout les continents. Elle est la plus efficace pour capter l'énergie solaire. Solide et résistante au verglas, elle n'a presque pas besoin de taille et peut même la plupart du temps s'en passer.


Cette forme est très productive.


Elle se situe pour les pommiers autour de la forme naturelle de la variété Golden Delicious bien que celle du MacIntosh est efficace aussi. La forme de Reine des Reinettes est similaire, elle fait aussi partie des formes faciles à laisser pousser libres. Ces formes se transmettent génétiquement.


Critères principaux


Vigueur


Meilleur développement de toute la plante par rapport aux autres plantes de la même variété placés dans le même rang. C'est la qualité principale que recherchaient nos arrières grand parents quand ils sélectionnaient leurs plantes. À cette époque les semences ne coûtaient pas cher parce qu'ils les faisaient eux même. Il en avaient suffisamment pour semer dru et sélectionner (éclarcir) sévèrement de manière à avoir des plantes vraiment très vigoureuses. Avec les hybrides coûteux d'aujourd'hui on tend à garder tout les semis sans effectuer de sélection, qui de toute façon demande temps et efforts.


Rameaux (petites branches) : Relativement volumineux. Forme en biseau. Pubescence de l'écorce aux extrémités des rameaux.


Bourgeons : Grand nombre. Leur plus grande dimensions. Relief plus accentué des coussinets sous les bourgeons. Bourrelets verticaux ressortant sur l'écorce au-dessous des bourgeons.


Limbe (partie élargie d'une feuille) : Sa largeur et surtout sa grosseur. Face supérieure terne et plissée.


Feuilles : La feuille d'un pommier de qualité supérieure est plus large et arrondie que celle d'un pommier sauvage. Une forme arrondie permet de prévoir des fruits de bonne qualité. Réseau plus net et plus saillant des nervures à la face inférieure de la feuille (tomentum de la face inférieure). Dentelures fines de forme arrondie et obtuse. Tormentum (pubescence cotonneuse, entremêlée, feutrée) de la face inférieure de la feuille.


Pétiole (queue de la feuille) : Relativement court, mais assez gros. Sa pubescence. Grandes dimensions de ses stipules.


Structure


La structure pyramidale (tilleul, pommier Golden, sapin, etc) est largement utilisée sur la planète dans les vergers. Cette solide forme d'arbre permet une bonne captation solaire et peut porter chaque année de lourdes récoltes sans se briser.


Précocité


Cela peut être la rapidité de mise à fruit, ou la date d'aoûtement à l'automne, ou encore la date de floraison, etc.


Variétés et caractéristiques de leurs semis


Les arbres fruitiers sont des hybrides naturels. Les insectes et le vent font les croisement.


Chaque arbre semé est unique génétiquement. Les parents mâles et femelle influencent l'un et l'autre les caractéristiques des semis. Il semble que certaines variétés dominent en tant que parents femelle, leurs semis auraient beaucoup plus de caractéristiques provenant de la mère, même si les deux espèces croisées diffèrent beaucoup. Certains types d'arbres sont génétiquement stables et fructifient à chaque année. Les type IV sont non-alternants. Les type II sont très alternants. Les pommiers à mise à fruits rapide transmettent bien ce caractère. Les variétés donnant des fruits rapidement à partir de plant greffés ont une très forte disposition à donner des semis produisant précocement et vice versa. De plus, les sélections précoces tendent à donner des arbres matures à haut rendement. La sélection doit viser des arbres produisant précocement avec une forte production initiale.


On peut produire de très bons pommiers à partir des pépins des pommes de variétés courantes qu'on trouve sur les marchés. Ce sont la plupart des variétés diploïdes, les plus vigoureuses et rapides à pousser. Dépendant du but poursuivi cela prend plus ou moins de semences. Certains pépiniéristes offrent des pépins de plusieurs variétés de pommiers, dont des nains. On peut utiliser des variétés modernes, anciennes ou sauvages de fruits pour produire nos semences.


Par semis on peut produire des fruits à consommer frais. La sélection des semences devient plus critique, ou alors il faut travailler avec un maximum de graines. On peut même produire par semis des fruits à consommer frais sur des arbres nains.


Pour les fruits à noyau c'est plus difficile de trouver les semences parce que les fruits actuels du marché sont récoltés hâtivement et n'ont en pas eu le temps bien maturer.


Selon agriculture Canada


Variétés précoces


James Grieve, Cox, Worcester Pearmain, et Idared sont des parents transmettant une grande précocité. Golden Delicious, Starkspur Golden Delicious, et deux mutant de Delicious (Starking et Starkrimson) semblent également transmettre une grande précocité.


Northern Spy met plus de 10 ans.


Variétés tendant à bien reproduire leurs caractéristiques dans leurs semis (dominance de la mère)


1.Fameuse, Graveinstein, Garden Royal et Golden Russet (citées par Burbank).


2.Wealthy transmet une bonne grosseur, une couleur rouge et une mise à fruits rapide.


3.Il pourrait être intéressant d'utiliser les semences des nouvelles variétés descendantes de Macintosh et résistantes à la tavelure, car Macintosh a tendance à produire une grande proportion de semis utilisables.


Selon Burbank


Production hâtive, fruits de bonne qualité (un peu plus petits), sans avoir besoin d'élever un grand nombre de semis:


1.GOLDEN RUSSET


2.GARDEN ROYAL


3.FAMEUSE


Tendance à reproduire un bon nombre de leur caractéristiques dans leur progéniture et semis de très bonne qualité:


1.GARDEN ROYAL


2.FAMEUSE


3.GOLDEN RUSSET


4.WAGENER


5.GRAVENSTEIN ***


6.NEWTON PIPPIN***


Large proportion de semis bons sur la plupart des aspects:


1.YELLOW BELLFLOWER*


2.NEWTON PIPPIN


3.HUBBARDSTON


4.RHODE ISLAND GREENING


5.ROXBURY RUSSET


6.HASS QUEEN


7.WILLIAM'S FAVORITE


8.SWAAR


9.RAMBO


10.FAMEUSE


11.LYSCOM


12.ALEXANDER


13.PALMER


14.WAGENER (Transmet la mise à fruits rapide et la grosseur des fruits).


Selon Jean Richard


1.ANTONOVKA Résiste en champs à toutes les races de tavelure. La résistance est un gène dominant, qui se transmet par semis. Peut donner de gros fruits.


2.BEAUTIFUL ARCADE


Selon Mitchourine


Variétés ne demandant pas de précautions spéciales pour la récolte des semences et fournissent un fort pourcentage de plants aptes à la culture. On peu prendre des fruits du marché :


SKRIJAPEL et tous ses dérivés. (SKRIJAPEL POURPOUROVY : fructification hâtive)


Presque toutes les variétés de l'ANIS


Fructification hâtive.


REPKA POURPOUROVA A


VOLJSKA A


VORGOULIOK (fructification hâtive).


TC L BI KRYMSKA A


REINETTE VERTE


Variétés donnant d'excellents pieds à partir des semences sélectionnés de forme ronde :


APPORT


BOROVINKA


TCH L BI


REINETTE VERTE


EISER


GLOGU ROVKA


Variétés fournissant un pourcentage élevé de plants typiques :


KANDIL


SARY SINAP


Variétés donnant des semences de haute qualité, si aucun pommier sauvage ne les pollinisent:


ANTONOVKA zone 1, mi-saison, résistant à la tavelure, grosse pomme jaune, ne se conserve pas, chair farineuse et sèche, fruit exceptionnellement juteux, couleur striée, saveur aromatique. Si on a pu obtenir de bons hybrides, cette variété donnera un fort pourcentage d'arbres utilisables.


Dans ce groupe on peut classer également beaucoup de ses variétés (excepté ANTONOVKA-KAM NITCHKA et ANTONOVKA-SIX-CENT-GRAMMES). Noter que le porte greffe Antonovka 313 donne des arbres de 110-120% de la grosseur standard.


ANISSOVKA


ANANASNO BI LO


ANANASNO KRASNO


LIMONO


MIRON RJEVSKI


MIRON SAKHARNY


MOUSKATNO


OSTRIAKOVSKA A SKLIANKA


SKROUT


POUDOVSTCHINA


Presque toutes les KITA KA à gros fruits


Beaucoup de variétés semi-cultivés du Caucase, y compris le pommier à feuilles rouges Malus Niedzwetzkyana.


Variétés produisant des plants colonnaire (Fruit Breeding Journal) :


WIDJICK Produit 45% de plants colonnaire, pouvant servir à des vergers a haute densité ou pour des usages dans les jardins et patios (arbres en pots).


Problèmes avec les semis (Burbank)


NORTHERN SPY Habituellement ses semis de sont de pauvre qualité.


BALDWIN Très sensibles au mildiou.


NEWTON Lents à pousser et faibles.


Informations en vrac


1.Pommes d'hiver : plus grande tendance à donner des pommes d'hiver.


2.Pommes d'été : presque autant de chance de produire des pommes d'été ou d'hiver.


3.Des pommes douces sont souvent produites à partir de pommes acides et vice versa.


4.Pour produire une pomme de longue conservation, semer des semences provenant de deux parents se conservant longtemps.


5.Si on croise deux variétés, une avec des fruits de bonne qualité et l'autre moins, le croisement donne presque toujours des fruits d'une qualité inférieure au meilleur parent.


6.Croisement avec baccata : forte proportion d'arbres fructifiants la quatrième année après le semis, avec tendance à pousser rapidement, très rustiques (parfois plus que les pommiers ''Crab'').


7.Le prunifolia est très rustique et son fruit est environ le double de celui de baccata .


8.Les pommiers malus sauvages d'Europe ont des fruits de bonne qualité, de un pouce de diamètre.


Culture


Le jeune arbre doit pousser dans un sol fertile, pas trop à l'ombre ou au vent. La richesse ou la pauvreté et la profondeur du sol influencent directement la taille de l'arbre à maturité. Les conditions de cultures doivent assurer une pousse rapide et de bonnes racines. On ne néglige pas le désherbage, les engrais et les autres corvées.


Faire pousser les semis aussi rapidement et vigoureusement que possible. La fertilisation peut faire une différence durable sur la grosseur des fruits à l'état adulte. Un pommier sauvage qu'on fertilise donnera de plus gros fruits. La saveur est influencée par les engrais. Utiliser l'engrais. Attention les excès d'azote causent de graves problèmes de maladies et de parasitisme.


Couper les broussailles et arbres ombrant les arbres fruitiers et a noix. Un ensoleillement fort hâte la fructification et donne des fruits bien murs sur des arbres en santé.


Autrefois on plantait les pommiers à 30 pieds par 30 pieds d'espacement et plus. À 45 pieds par 45 pieds et plus les pommiers deviennent immenses. Ces grands espacement conviennent aux arbres à noix, bien que pour eux on puisse envisager des espacements encore plus grands.


Conserver des semences à l'intérieur pour remplacer celles qui pourraient êtres mangées par les mulots pendant l'hiver.


Transplanter


Quand le terrain n'est pas propice au semis direct il faut transplanter. Transplanter donne l'avantage aux jeunes arbres dans un environnement compétitif plein d'herbes. Et cela permet de faire une première sélection parmi les semis.


Tremper les racines dans une boette d'argile et de compost avant de transplanter, cela empêche les rayons de soleil d'abîmer les racines et peut faire une différence énorme sur la résistance à la sécheresse et la croissance des transplants.


Transplanter tôt au printemps. Une seule semaine de retard peut occasionner plusieurs problèmes: mauvais aoûtement, gel des bourgeons, croissance réduite, maladies, etc.


Agriculture sans Labour


Labourer tue la vie microbienne, donc la fertilité naturelle, et en plus crée de l'érosion et compacte le sol. Normalement dans la nature, l'humus est stable. Dans un sol naturel les particules minérales du sol sont collées entre elles par les sécrétions et les réseaux de cellules reliant les micro organismes et les champignons. Cette toile de micro organismes est brisée par le travail du sol avec des outils. Quand on laboure, la décomposition rapide de l'humus augmente de manière temporaire la fertilité du sol. Mais la destruction du tissus mucilagineux du sol fait qu'en une saison, le sol s'affaisse et on doit alors le labourer à nouveau pour le décompacter.


Les micro-organismes fabriquent de l'humus stable avec leurs déjections et leurs cadavres. Ils captent l'azote de l'air. Ils extraient des minéraux provenant des particules broyées par les vers et le gel, ou en solution dans l'eau : la chaux du sous-sol (quand il en contient), la magnésie et la potasse (qu'ils rendent solubles), le souffre, fer, phosphore et les oligo-éléments. En plus ils fabriquent des enzymes et des substances antiseptiques naturelles.


Un labour et un sous-solage peuvent être des techniques efficaces et positives. Un sol très compact peut être labouré avec une charrue sous soleuse (qui ne retourne pas le sol), quand la terre est sèche en profondeur, à la fin de l'été. La même chose peut se faire dans un jardin avec la méthode du double labour. Ces deux méthodes brisent les couches compactes du sol et permettent aux racines de descendre bien plus profond.


On peut ajouter des engrais en profondeur. Ce n'est pas nécessaire la plupart du temps. Le simple épandage en surface des composts, engrais et chaux est souvent amplement efficace. Ce sont les vers et les autres micro organismes du sol vivant qui transportent les engrais en profondeur et qui arrivent à digérer les poudres de roches des engrais BIO qui au départ ne sont pas utilisables par les plantes. Les roches doivent habituellement avoir été solubilisées par les micro organismes avant que les racines des plantes puissent les absorber.


Par après le travail du sol deviendra superficiel.


Les plantes compagnes


Préparent le sol en profondeur et parfument les fruits des pommiers.


Catégories : défonceuses, médicinales, aromatiques, comestibles.


Elles produisent et aident les jeunes arbres en les protégeant du vent et en préparant le sol. Leurs racines peu profondes occupent l'espace perdu par les jeunes arbres. En se décomposant leurs tiges mortes nourrissent les arbres fruitiers et font un paillis aidant à contrôler les mauvaises herbes. Quand le verger est mature, les plantes compagnes ne pourront plus produire beaucoup à cause de l'ombre, mais elles auront données de nombreuses années de bons et loyaux services. Plus l'espacement entre les arbres est grand, plus les plantes compagnes vont produire et vivre longtemps.


Avoir beaucoup de plantes vivaces autour des jeunes arbres permet de moins travailler le sol. Si on laisse le sol tranquille la vie microbienne deviens très riche. Le sol devient très productif, le rendement devient supérieur en quantité et en qualité. Un sol en vie transfère sa santé à la plante et à l'animal. Cette vie peut migrer vers les sols voisins et augmenter leur fertilité.


Brossage des semis


Comme pour les plants de tomates (même technologie), les brossage mécanique des semis contrôle leur hauteur et déloge les pucerons. Les semis restent plus petits, mais sont plus forts.


Dans le cas d'arbres greffés


La forme naturelle est beaucoup plus facile a obtenir sur des arbres greffés en champs, aux racines semés directement en place (non transplantées).


Dans la production par semis, les variétés diploïdes sont très vigoureux et conviennent pour tout les sols. Ils sont très robustes, de grande longévité, et ont une racine forte et profonde. On peut en faire des porte-greffe qui conviennent également pour les formes basses sur sols maigres où les portes-greffe clonés ne poussent plus. Ils conviennent pour les hautes, demi et basses-tiges. Par contre leur mise à fruit est tardive.


On peut semer les portes-greffe directement et y greffer des variétés à forte dominance apicale.


Haies fruitières haute densité


Le semis est avantageux à cause de l'énorme quantité d'arbres par hectare nécessaire. On peut semer des pépins génétiquement nains, mais ils sont difficiles à trouver. Ou alors il faut disposer de beaucoup de pépins pour pouvoir sélectionner des petits pommiers demandant peu de taille pouvant êtres récoltés à la machine ou à la main sans échelle. Les coûts pour entretenir les haie fruitière sont peu élevés si on n'a pas besoin d'utiliser de supports pour les arbres. Les arbres de semis n'ont pas besoins de supports.


Les pépins d'arbres génétiquement nains ou vraiment columnaires sont difficiles à trouver. Ils existent dans la nature et il y a aussi des variétés commerciales, souvent descendantes de Macintosh Wijcik. Les semis de pépins de Macintosh Wijcik donnent 45% d'arbres nains columnaires d'environ 8 pieds de haut par 2 pieds de large. Parfait pour produire du jus avec récolte mécanique ou pour un verger piéton. Cette forme est extrêmement efficace pour capter l'énergie solaire. Ce qui permet de récolter des pommes bien mures, qui se conservent bien et qui sont les plus propres possible parce qu'on les a récoltées dans l'arbre et non par terre.


Comment


Semer un maximum de pépins pour avoir un meilleur choix à la sélection, sélectionner graduellement les arbres les plus vigoureux, bien entretenir, ne pas transplanter.


Faciliter la production de Fruits BIO à grande échelle.


Cette approche pourrait permettre de très grand vergers extensif demandant très peu d'entretien et où l'on pourrait élever des volatiles et du bétail en plus d'y faire une multitude d'autres cultures.


Retour rapide de l'investissement grâce aux ventes de légumes, mescluns, fleurs et fines herbes qui poussent entre les arbres fruitiers.


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©Sylvain Picker 2005 THE GORILLA GARDENER sylvainpicker@hotmail.com

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